Francis Heaulme : le meurtrier en série rejugé pour un crime de 1989
Trois décennies après les faits, la justice française s’apprête à juger à nouveau l’un des criminels les plus tristement célèbres de l’Hexagone. Le dossier d’un agriculteur assassiné dans le Vaucluse en 1989 refait surface grâce au travail acharné du pôle spécialisé dans les affaires non résolues.
Une décision judiciaire qui ranime un dossier classé
Mi-juin, un magistrat instructeur a ordonné le renvoi en procès de Francis Heaulme devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine. Cette décision concerne l’homicide de Jean-Joseph Clément, un exploitant agricole tué en août 1989 à Bédarrides, commune du Vaucluse.
Le meurtrier présumé n’a pas tardé à réagir. Vendredi dernier, ses avocats ont interjeté appel de cette ordonnance de mise en accusation, cherchant à échapper une nouvelle fois au procès.
Un parcours criminel hors norme
Surnommé le « Routard du crime », Francis Heaulme compte parmi les tueurs en série les plus prolifiques jamais jugés en France. Reconnu coupable de 11 meurtres perpétrés entre 1984 et 1992, il purge actuellement une peine de réclusion criminelle à perpétuité.
Incarcéré depuis 1992, cet homme a notamment été condamné pour les assassinats commis à Montigny-lès-Metz en 1986. Son état de santé préoccupant l’a conduit à être hospitalisé à Nancy début avril, sans que davantage d’informations ne filtrent.
Les rebondissements d’une affaire enterrée puis ressuscitée
L’histoire judiciaire de ce dossier connaît de multiples péripéties. Dès 1992, Francis Heaulme avait été mis en examen pour le meurtre de l’agriculteur vauclusien. Pourtant, dix ans plus tard, le tribunal de Reims prononçait un non-lieu en sa faveur.
L’affaire semblait définitivement classée jusqu’à l’intervention du pôle « cold cases » de Nanterre. En juillet 2023, l’instruction a été relancée avant que le dossier ne soit transféré à cette unité spécialisée en février 2024.
Le travail des enquêteurs spécialisés porte ses fruits
Cette résurrection judiciaire témoigne de l’efficacité des cellules dédiées aux affaires anciennes. Les magistrats et enquêteurs de Nanterre ont réexaminé minutieusement les éléments du dossier, permettant cette nouvelle mise en accusation.
Pour les proches de Jean-Joseph Clément, cette décision représente l’espoir de voir enfin la vérité établie après 35 années d’attente. Reste désormais à savoir si l’appel formulé par la défense retardera ou empêchera la tenue de ce procès tant attendu.

